Armand BUISSON

Buisson Armand (Nancuise, Jura 28 mai 1918- Dôle, Jura 12 avril 1983) Directeur de Maison des jeunes et de la culture, puis délégué régional, il initia la création des MJC en AOF et participa à la formation des directeurs de MJC.

Né dans le Jura dans une famille modeste de 5 enfants, d’un père artisan scieur, il fit ses études secondaires à Lons-le-Saunier, où il eut l’occasion de pratiquer le scoutisme. Après son baccalauréat, il entreprit des études supérieures à Lyon, tout en travaillant. Instituteur intérimaire dans le Rhône à partir d’octobre 1938, il fut mobilisé du 1er septembre 1939 au 1er février 1941 et reprit sa carrière d’instituteur.

A la Libération, par l’intermédiaire d’amis issus du SNI clandestin devenus fonctionnaires de la toute nouvelle direction de l’Education populaire et des mouvements de jeunesse, il fut mis en contact avec les Maisons des jeunes fédérées dans la République des jeunes qui avait été fondée autour d’André Philip à Lyon en septembre 1944. Il devint directeur permanent (c’est-à-dire professionnel) à partir du 1er octobre 1945 à la Maison des jeunes de Gerland, quartier très populaire de Lyon. Dans une usine désaffectée, avec des moyens très réduits, il réussit à monter une expérience éducative à l’aide d’un noyau de jeunes, pour certains proches de la délinquance. Pendant dix ans, il fut l’âme de cette maison dont les activités étaient orientées vers le plein-air et les sports. En juin 1955, la Fédération française des MJC lui demanda de se rendre au Sénégal, pour y diriger la MJC de Dakar et pour initier la création d’autres MJC en Afrique occidentale française. Outre la maison de Dakar qu’il anima en compagnie de son épouse, il participa à la création de celles de Ouagadougou et Bobo Dioulasso (Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Fasso). Après un intermède de quelques mois en France en 1957, il repartit pour le Sénégal, à la MJC de Thiès, où il oeuvra aussi pour la création de l’Union sénégalaise des MJC. Conscient de la nécessité de former des cadres africains pour les MJC, il organisa en 1958 en collaboration avec l’Institut national de l’éducation populaire (INEP, actuel INJEP) de Marly-le-Roi, un stage destiné aux responsables des MJC de l’AOF. Ce stage fut la première formation de longue durée destinée à des animateurs en France. Elle servit de matrice à la formation des directeurs de MJC de métropole qui fut mise en place à partir de novembre 1959, toujours à l’INEP, sous sa direction, après son retour en métropole, à l’été 1959. Armand Buisson était conscient que l’approche des indépendances nécessitait de laisser la place aux nouveaux cadres africains, qu’il devait continuer à accueillir à Marly, la formation étant ouverte aux métropolitains et aux Africains. Chef du service fédéral de la formation des cadres, il fut en plus, à partir de 1961, chargé d’une mission de délégué régional de la FFMJC pour les académies de Caen et Rouen, ce qui le conduisit à des tâches plus administratives. Devenu délégué régional de plein exercice en 1964 pour les mêmes académies, avec un complément dans les départements bretons, il accompagna la naissance de nombreuses MJC à la période de leur très forte croissance. En avril 1969, au moment de la scission de la FFMJC, dans le contexte de la crise avec le secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports Joseph Comiti, il fit le choix de quitter la FFMJC pour l’APREREG (Association des présidents de fédérations régionales de MJC), qui devint en 1971 l’UNIREG (Union des fédérations régionales de MJC). Son choix, différent de celui de la majorité des MJC, mais conforme à celui de la plupart des autres délégués, s’explique d’abord par sa fidélité à André Philip et à Lucien Trichaud, le délégué général de la FFMJC, à l’origine de la scission. La crainte d’une mainmise communiste sur la fédération par l’entremise du puissant syndicat CGT des directeurs de MJC motivait aussi son choix. Devenu délégué régional pour l’académie de Caen, il quitta ce poste pour celui de Rouen en 1972. Gravement malade à partir de 1977, il prit sa retraite en 1978, après avoir été fait chevalier de l’ordre national du mérite.

Sources :

  • dossier de personnel, archives de la FFMJC,
  • entretien avec Mme Lucette Buisson, Chevilly-Larue 2005.
  • Jean-Marie Mignon, « Centres culturels et MJC en Afrique : 35 ans d’équipements culturels (1949-1984), -* Les Cahiers de l’animation, n° 46, pp. 59-75 et communication à paraître dans les actes du colloque PAJEP « Histoire des cadres d’éducation populaire » tenu en 2003.
  • Laurent Besse, Les MJC (1959-1981) : Etat, associations, municipalités, thèse sous la direction d’Antoine Prost, univ. Paris I, 2004.


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