Albert LEGER

Albert Léger (1899-1994)

Il a donné à la FFMJC sa forme originelle.

Né le 11 juin 1899 à Auzécourt (Meuse), décédé le 13 mars 1994. Son père est instituteur. Ancien élève de l’Ecole normale de Saint-Cloud, il est inspecteur primaire à Lons-le-Saunier, à Figeac, puis à Châteauroux. En 1940, il devient directeur de l’Ecole normale de Châteauroux. Envoyé à Auxerre en 1942, il fonde, à la Libération, le journal L’Yonne Républicaine avec M. Leclerc avant d’être finalement nommé à Paris.

Le 6 janvier 1946, Albert Châtelet, directeur des mouvements de Jeunesse et d’éducation populaire, décide de lui confier les destinées de la « République des Jeunes », précédemment fondée le 19 septembre 1944 à Lyon par André Philip. Il est nommé délégué général avec les pleins pouvoirs pour dissoudre et liquider l’organisation si nécessaire. Séduit par la vitalité du terrain qu’il découvre en allant visiter la Maison des jeunes de Romans (dirigée par Paul Jansen), il choisit de sauver cette « République des Jeunes » en lui donnant une structuration administrative conséquente. La « Fédération française des Maisons des jeunes et de la culture » naît le 15 janvier 1948, laïque, pluraliste et indépendante, ouverte aux adultes autant qu’aux jeunes, structure nationale mixte cogérée par ses adhérents, son personnel et par l’Etat avec toutes garanties pour ce dernier. L’obsession d’Albert Léger est de doter cette institution de statuts rendant impossible son contrôle par une doctrine quelconque ou par une autorité locale ou départementale. Il obtient de l’Etat que les directeurs soient payés par une subvention versée à la fédération.

Avec André Philip comme président, et Maurice Herzog comme haut-commissaire à partir de 1958, Albert Léger reste délégué général de la FFMJC jusqu’en 1962, où la maladie l’oblige à s’éloigner. Lucien Trichaud, délégué culturel, est coopté par ses pairs pour le remplacer. Ce dernier, homme de pouvoir, entraînera la FFMJC dans une surenchère qui conduira à une rupture avec l’Etat dès 1966, puis à une scission interne donnant naissance à l’UNIREG en 1969-1971. Homme profondément laïque, Albert léger voulait construire une institution nationale exempte de tous conflits de pouvoirs, libre de toutes influences. Il se retira avec le sentiment d’une œuvre inachevée.

Notice rédigée par Franck Lepage après un entretien avec Albert Léger et publiée dans Geneviève Poujol et Madeleine Romer, Dictionnaire biographique des militants XIX-Xxèmes siècles, De l’éducation populaire à l’action culturelle, L’Harmattan, 1996, p. 239.



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